Vous avez fait poser des panneaux solaires il y a 15 ou 20 ans et votre chèque d’EDF arrive chaque année ? Il va bientôt s’arrêter, et c’est normal. En 2006 vous avez acheté des installations solaires avec un contrat de rachat pour 20 ans à un prix très intéressant. Ces contrats arrivent maintenant à leur date de fin, prévue dès le départ. Cet article vous explique la fin du contrat de rachat de vos panneaux solaires : comment trouver votre date de fin, estimer ce que vous allez perdre et choisir la solution qui vous permet encore de profiter de votre installation.
L’essentiel en 30 secondes
- Ce qui se passe : les contrats de rachat signés pour 20 ans arrivent à leur fin. 235 000 contrats ont été signés entre 2006 et 2010 : ils arriveront à échéance au fil de l’eau, jusqu’au début des années 2030.
- Qui est concerné : les foyers qui ont installé des panneaux entre 2006 et 2010 et qui revendent toute leur production à EDF.
- Quoi faire : repérer la date de fin sur votre contrat, puis préparer le passage à l’autoconsommation (consommer vous-même votre électricité).
Pourquoi la fin du contrat de rachat fait baisser vos revenus solaires ?
Revenons au début. Au milieu des années 2000, l’État voulait lancer le solaire en France. Il a donc obligé EDF, via sa branche « EDF Obligation d’Achat » (EDF OA), à racheter l’électricité des particuliers à un prix garanti. Comme un bail locatif signé pour une durée fixe, le prix ne pouvait pas bouger pendant toute la durée du contrat.
Ce prix était très généreux. Signés à partir de l’été 2006, les contrats d’achat de 20 ans garantissaient 58 centimes par kWh injecté, près de 3 fois le prix de l’époque de l’électricité. Le kWh (kilowattheure), c’est l’unité qui compte l’électricité, comme le litre pour l’essence.
Pourquoi un tel prix ? À l’époque, les panneaux coûtaient très cher. Selon l’Energy Institute, le prix des panneaux est ainsi passé de 4,79 €/Wc en 2006 à seulement 0,26 €/Wc en 2022. Le tarif élevé servait à rembourser cet investissement de départ.
Ce qui change maintenant : le contrat n’est pas rompu, il arrive simplement au bout de ses 20 ans. Et il ne se renouvelle pas. Le gouvernement l’a rappelé au Sénat : une installation ayant déjà bénéficié de vingt ans de soutien ne peut pas signer un nouveau contrat d’obligation d’achat.
Vous avez peut-être aussi entendu parler du budget 2027, qui vise les « vieux contrats solaires ». Rassurez-vous : les particuliers, dont les installations dépassent rarement 9 kWc, avaient été explicitement exclus de cette révision, qui touche surtout les grosses centrales. Votre vrai rendez-vous, c’est la date de fin de votre contrat.
Qui est concerné ?
Vous êtes probablement concerné si vous cochez ces cases :
- Vos panneaux ont été raccordés entre 2006 et 2010 environ. Les premières échéances sont tombées en juillet, et chaque installation photovoltaïque mise en service à la fin de l’année 2006 verra son contrat d’obligation d’achat s’arrêter d’ici fin 2026.
- Vous avez un contrat EDF OA en « vente totale ». Cela veut dire que toute votre production part sur le réseau et que vous n’en utilisez pas un seul kWh chez vous.
- Vous recevez un paiement annuel nettement plus élevé que le prix auquel vous achetez votre électricité.
La date exacte, elle, est simple à trouver. Le contrat dure 20 ans jour pour jour depuis la date de mise en service Enedis, sans prolongation possible.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Concrètement, vos revenus vont fortement baisser. Prenons un cas type : une installation de 3 kWc intégrée au bâti, signée en 2009, rémunérée autour de 60 centimes le kilowattheure et produisant environ 3 300 kWh par an. Sous contrat, elle rapporte près de 2 000 euros par an. Après l’échéance, en revendant au prix du marché, ce serait environ 200 euros par an.
Le chiffre de 1 200 € de perte par an circule dans la presse. Il donne un bon ordre d’idée, mais la perte réelle dépend de votre tarif et de votre production. Selon les calculs d’un comparateur, la perte va d’environ 1 300 à 1 600 € par an pour une installation payée 58 centimes. En clair : La perte est massive quel que soit le scénario, mais elle n’est pas totale.
Attention à un piège : si vous ne faites rien, vous ne touchez plus rien. Sans démarche de votre part, l’électricité injectée n’est plus payée et Enedis peut suspendre votre accès au réseau.
Bonne nouvelle : vos panneaux continuent de produire 80% de ce qu’ils produisaient au premier jour. Vous avez deux solutions :
- L’autoconsommation : vous utilisez vous-même votre électricité. Chaque kWh produit et consommé, c’est un kWh que vous n’achetez plus. Et vous l’achetez cher : en option Base du tarif réglementé, le prix du kWh est de 0,2001 € depuis le 1er août.
- La modernisation : remplacer l’onduleur, ou même les panneaux. L’onduleur, c’est le boîtier qui transforme le courant des panneaux en courant utilisable chez vous, un peu comme un adaptateur de voyage. Ajouter une batterie permet en plus de garder l’électricité de journée pour la nuit.
Pour passer à l’autoconsommation, il faut souvent modifier les branchements. Ce changement suppose en général une modification du raccordement par un installateur, souvent couplée au remplacement d’un onduleur fatigué.
Et en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Imaginez Bernard, retraité près de Villefranche-sur-Saône. En 2008, il a couvert une partie de son toit de panneaux et revend tout à EDF. Depuis, il a installé une pompe à chaleur et acheté une voiture électrique. Sa facture d’électricité a donc grimpé.
À la fin de son contrat, Bernard a tout intérêt à brancher ses panneaux en autoconsommation. En journée, sa pompe à chaleur, son chauffe-eau ou la recharge de sa voiture peuvent consommer le soleil de son toit au lieu de l’électricité du réseau. Avec des étés de plus en plus chauds, la climatisation peut aussi tourner grâce à ses panneaux.
C’est souvent le cas dans la région : les foyers équipés il y a 15 ans consomment aujourd’hui bien plus d’électricité qu’à l’époque. L’autoconsommation devient alors très intéressante.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Trouvez votre date de fin : regardez la date de mise en service sur votre contrat EDF OA ou sur votre dernière facture de production, puis ajoutez 20 ans.
- Calculez votre manque à gagner : comparez votre paiement annuel actuel avec votre production multipliée par environ 20 centimes (ce que vous économiseriez en la consommant vous-même).
- Regardez vos habitudes : notez ce qui consomme chez vous en journée (chauffe-eau, lave-linge, pompe à chaleur, voiture électrique).
- Faites vérifier votre installation : un diagnostic permet de savoir si vos panneaux et votre onduleur sont encore en forme.
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Vos questions
Puis-je renouveler mon contrat avec EDF au même tarif ?
Non. Le contrat dure 20 ans et ne peut être ni prolongé ni renouvelé. C’était prévu dès la signature : ce n’est pas une sanction, juste la fin normale du contrat.
Mes panneaux de 2008 produisent-ils encore assez ?
Oui, en général. Les panneaux perdent 20% de rendement avec le temps, mais ils continuent de produire bien après 20 ans. Une vérification permet de savoir s’il vaut mieux les garder, remplacer l’onduleur ou les changer.
Faut-il forcément acheter une batterie ?
Non, elle n’est pas obligatoire mais fortement conseillée.
La fin de votre contrat de rachat n’est pas une mauvaise surprise : elle était écrite dès le premier jour. Vos panneaux ont déjà fait leur travail et ont déjà été rentabilisés. Ils peuvent néanmoins continuer à alléger votre facture pendant des années. Le plus important, c’est de vous préparer avant la date de fin. Chez Rhône Solaire Pro, nous vous proposons un diagnostic gratuit de votre installation pour choisir la meilleure option. Pour commencer, estimez mes économies : la simulation est gratuite et sans engagement.
Sources
