


Le marché de l’électricité en France s’apprête à connaître un changement structurel majeur avec la fin programmée de l’ARENH au 31 décembre 2025. Un sujet technique en apparence, mais dont les conséquences pourraient être très concrètes sur les factures d’électricité des particuliers comme des professionnels.
La fin de l’ARENH marque un tournant dans la formation des prix de l’électricité en France.
Décryptage d’un mécanisme clé et des risques associés à sa disparition.
L’ARENH, un pilier du marché de l’électricité
L’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) est un dispositif mis en place par l’État afin de réguler le marché de l’électricité et de limiter les effets de la concurrence sur les prix.
Dans ce cadre, EDF, producteur historique de l’électricité nucléaire en France, était tenu de vendre une partie de sa production nucléaire à d’autres fournisseurs à un prix fixé par l’État, soit 42 €/MWh.
L’ARENH n’a jamais été conçu comme un dispositif permanent. Mis en place en 2011 dans le cadre de l’ouverture du marché de l’électricité, il s’inscrit dans un cadre temporel défini et arrive à échéance au 31 décembre 2025, après près de 15 années d’application.
Ce mécanisme avait pour objectifs :
- de favoriser la concurrence entre fournisseurs d’électricité
- de limiter les fluctuations brutales des prix
- de protéger les consommateurs face aux tensions du marché
Grâce à l’ARENH, une part significative de l’électricité fournie en France reposait sur un prix stable et prévisible.
Pourquoi l’ARENH arrive-t-il à son terme ?
Le dispositif ARENH est appelé à disparu à la fin de l’année 2025. À partir de cette échéance, le prix régulé de l’électricité nucléaire ne s’appliquera plus.
Concrètement, cela signifie que :
- EDF ne sera plus tenu de vendre son électricité nucléaire à un prix fixé par l’État
- le nucléaire sera valorisé à un prix plus proche des conditions du marché
- les fournisseurs perdront un mécanisme clé de stabilisation des coûts
Ce changement marque une évolution profonde du fonctionnement du marché de l’électricité en France.

Quel impact potentiel sur le prix de l’électricité ?
Sans l’ARENH, les fournisseurs devront s’approvisionner davantage sur le marché de gros de l’électricité, un marché dont les prix sont par nature variables.
Le prix de l’électricité dépend de nombreux facteurs :
- la disponibilité du parc nucléaire français
- le prix des énergies fossiles, notamment le gaz
- les conditions climatiques
- les tensions géopolitiques
- l’équilibre entre l’offre et la demande à l’échelle européenne
Dans ce contexte, la fin d’un prix nucléaire régulé augmente mécaniquement le risque de volatilité des coûts d’approvisionnement.
À moyen terme, cette évolution pourrait se traduire par :
- une moindre visibilité sur les prix de l’électricité
- des hausses plus fréquentes ou plus marquées
- une répercussion progressive sur les factures des consommateurs
Un mécanisme déjà sous tension avant sa disparition
Le dispositif ARENH reposait également sur un plafond annuel de volumes.
Chaque année, les fournisseurs alternatifs pouvaient acheter jusqu’à un certain volume d’électricité nucléaire à prix régulé.
Lorsque ce seuil était atteint, les fournisseurs devaient alors se tourner vers le marché de gros pour compléter leurs approvisionnements, à des prix souvent plus élevés et beaucoup plus volatils.

Même avant sa disparition, l’ARENH montrait déjà ses limites. Cette situation a mis en évidence que le dispositif ne suffisait plus à absorber l’ensemble des besoins du marché.
La fin définitive du dispositif en 2026 accentue donc une tendance déjà observée : une exposition croissante des fournisseurs et des consommateurs aux prix du marché.
Être chez EDF protège-t-il contre les hausses de prix ?
Contrairement à une idée répandue, être client d’EDF ne garantit pas une protection automatique contre l’augmentation des prix de l’électricité.
Même si EDF est le producteur historique de l’électricité nucléaire en France, ses tarifs restent :
- encadrés par un cadre réglementaire
- influencés par le contexte économique et énergétique global
La stabilité relative des prix observée ces dernières années reposait en grande partie sur des dispositifs exceptionnels, comme l’ARENH ou le bouclier tarifaire, et non sur le seul statut du fournisseur.
Les fournisseurs peuvent-ils limiter l’impact en s’approvisionnant ailleurs ?
Les fournisseurs disposent de plusieurs sources d’approvisionnement :
- le marché de gros européen
- des contrats de production renouvelables
- l’importation d’électricité depuis les pays voisins
Cependant, ces alternatives présentent des limites importantes :
- les marchés européens sont fortement interconnectés
- les prix restent sensibles aux mêmes tensions
- les capacités d’importation sont dépendantes de la situation chez nos voisins
Aucune de ces solutions ne permet aujourd’hui de garantir une électricité durablement stable et bon marché.
Un enjeu stratégique pour les consommateurs et les entreprises
La fin de l’ARENH marque un tournant pour le marché de l’électricité. Dans un contexte où les prix pourraient devenir plus volatils, la question de la maîtrise des coûts énergétiques devient centrale.

Pour les entreprises comme pour les particuliers, l’évolution du prix de l’électricité constitue désormais un enjeu économique majeur à anticiper et à suivre de près.
En résumé
- L’ARENH permettait un accès à une électricité nucléaire à prix fixe
- Sa disparition expose davantage le marché aux fluctuations des prix
- Le risque de hausse des factures d’électricité est réel
- La visibilité sur les coûts énergétiques pourrait diminuer
La fin de l’ARENH invite donc à une vigilance accrue face à l’évolution des prix de l’électricité dans les années à venir.

