Savez-vous combien coûte réellement votre électricité ? Vous connaissez certainement le montant de votre facture, mais il est fort possible que vous ne vous y retrouviez pas entre l’électricité que vous consommez vraiment, les différentes taxes ou encore les tarifs de votre abonnement. Or, connaître la répartition des différents montants est la première étape pour les optimiser, notamment si vous souhaitez passer au photovoltaïque. Décryptage de ce que contient vraiment la facture d’électricité que vous transmet votre fournisseur.
« Les factures d’énergie sont de plus en plus difficiles à décrypter pour les pros, mais également pour les particuliers. Cela va dépendre du fournisseur d’électricité : certains ne sont pas très transparents dans leur offre. »
Loïc Rodet, Directeur commercial, Rhône Solaire Pro.
Électricité classique ou électricité solaire : quels sont les différents postes d’une facture d’électricité ?
Toutes les factures d’électricité se décomposent en 3 postes principaux :
- La consommation d’électricité en kilowatts, c’est-à-dire l’électricité que vous consommez en tant que client et qui est comptabilisée au moyen d’un compteur. Votre facture peut mentionner différents tarifs : les heures pleines et les heures creuses, mais aussi, pour les pros, les tarifs basse saison et haute saison.
- Les taxes et les contributions : l’accise sur l’électricité (anciennement TICFE / CSPE) et la CTA (pour Contribution Tarifaire d’Acheminement). La facturation de certaines taxes est proportionnelle à la consommation de kWh : en d’autres termes, plus vous consommez d’électricité, plus votre facture d’énergie est élevée. Sans oublier que ces taxes et contributions sont elles-mêmes soumises à une dernière taxe bien connue, la TVA : elle est de 20% pour l’accise et de 5,5 à 20 % pour la CTA (le taux dépend de la puissance). Consultez notre paragraphe dédié aux taxes et contributions pour en savoir plus.
- L’abonnement : « Dès que vous êtes raccordés au réseau, vous payez un abonnement qui dépend de votre puissance de soutirage. Cette puissance est définie par le nombre d’appareils électriques que vous avez chez vous », explique Loïc Rodet. Quel que soit votre fournisseur d’énergie (EDF ou fournisseur indépendant), l’abonnement, que l’on appelle parfois acheminement, est incompressible. Il est facturé peu importe la quantité d’électricité que vous consommez : « Si vous partez pendant un an et que vous éteignez tous les disjoncteurs chez vous, vous paierez quand même votre abonnement. » Avant la facturation, son prix est fixé en fonction du TURPE, le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité, par la Commission de Régulation de l’Énergie : il est identique, quel que soit le fournisseur d’énergie (EDF ou fournisseur indépendant).
Les services additionnels qui font gonfler la facture d’électricité
À ces différents postes peuvent s’ajouter les services proposés par chaque fournisseur, sous forme de lignes commerciales, notamment au sein des contrats pros. Composantes de comptage, composante de soutirage variable de base, composante de soutirage fixe, composante de gestion… Comme le précise Loïc Rodet, « Ces lignes commerciales (qui ne sont pas des taxes) sont proportionnelles à la consommation et dépendent de chaque fournisseur. »

Si jusqu’ici, vous suiviez toujours, vous risquez fort de décrocher (à juste titre) : ces lignes complexifient encore un peu plus la facturation : « On a déjà vu des factures comportant une vingtaine de ces lignes commerciales. Cela devient très compliqué de comprendre quel est le prix réel de l’électricité : en tant que professionnels, il nous arrive de passer une heure à tout transférer dans un tableau Excel rien que pour comprendre quel est le prix exact de l’électricité. » Dès lors, on comprend à quel point il peut être difficile de décrypter son contrat et de maîtriser toutes les subtilités liées à sa facturation !
Quel est l’intérêt de comprendre la différence entre la consommation d’électricité et l’abonnement ?
En comprenant la différence entre la consommation d’électricité en kWh qui s’affiche sur votre compteur et le montant de l’abonnement, vous pouvez évaluer le potentiel d’économies qu’il est possible de réaliser en changeant d’énergie.
Exemple : « Quand on a une installation photovoltaïque, on peut réduire le nombre de kilowatts consommés (et les taxes associées), mais pas le prix de l’abonnement. »
Vous ne vous y retrouvez pas à la lecture de vos factures d’électricité ? Voici 2 conseils pour faire le point et analyser vos factures et votre consommation électrique :
- Exportez les données dans un document Excel pour les analyser.
- Appelez votre fournisseur d’énergie pour obtenir un décryptage complet de ce que vous payez.
À quoi servent les taxes et contributions des factures d’électricité ?
Les taxes changent régulièrement de nom et de valeur. Ainsi, la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité), est « la taxe qui a le plus augmenté ces 20 dernières années », souligne Loïc Rodet. Elle est désormais remplacée par l’accise, tout comme la TIFSE (Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d’Électricité) et la TCFE (Taxe sur la Consommation Finale d’Électricité). Précisions utiles :
- La CTA pour Contribution Tarifaire d’Acheminement, cache bien son jeu : « Contrairement au nom qu’elle porte, la CTA est une taxe d’un montant forfaitaire destinée à financer les retraites des agents EDF. » Le montant de la CTA est indépendant des consommations qu’affiche votre compteur : il est calculé à partir du TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité). En dessous de 36 kVA, la TVA est à 5,5 %. Au-dessus, une TVA de 20 % s’applique.
- L’accise sur l’électricité dépend du Code des impositions sur les biens et les services. « Elle permet de financer les énergies renouvelables ainsi que la péréquation tarifaire. » Le principe de la péréquation tarifaire consiste à proposer l’électricité au même prix, quelle que soit la région où vous résidez.
Jusqu’à -75 % : l’énergie solaire réduit-elle vraiment la facture d’électricité ?
La fin des tarifs réglementés pour les professionnels a tout d’abord permis aux entreprises de réaliser des économies en changeant de fournisseur d’électricité. « Pendant un bon moment, l’électricité sur les marchés était très basse », analyse Loïc Rodet. Puis, « quand la crise en Ukraine est arrivée, le prix de l’électricité sur les marchés a explosé, et les fournisseurs ont réadapté leurs prix, avec des factures qui ont fait de x3 à x10, sur des contrats avec un engagement ». Le contexte géopolitique a notamment eu une forte influence sur les prix du gaz. À l’heure actuelle, le prix de l’énergie, notamment le tarif du kWh, s’est stabilisé pour tous les clients. « La tentation peut être grande de repartir avec des fournisseurs alternatifs. » Loïc Rodet appelle cependant à la vigilance : « C’est un peu plus calme, mais l’énergie dépend encore beaucoup du prix du gaz. »
En quoi passer au photovoltaïque est intéressant ? Pour des questions d’indépendance énergétique : « En passant au photovoltaïque, vous vous affranchissez de ce contexte. »
Vous bénéficiez ainsi d’une source d’énergie moins dépendante des aléas politiques que le gaz par exemple. Avec, à la clé, des factures électriques optimisées pour les clients particuliers : « Le photovoltaïque peut faire baisser la facture entre 30 et 35 %. Avec l’autoconsommation et la vente de surplus, on arrive à diminuer de moitié la consommation, voire même à la réduire jusqu’à 75 % avec une batterie virtuelle ».

Côté pro, les avantages peuvent se faire ressentir sur les paiements… mais également sur la partie revente : « Cela dépend du profil et surtout de la surface. Si la surface à équiper est grande, il est possible de vendre plus d’électricité qu’on en consomme. », conclut Loïc Rodet.
Énergie solaire : les spécificités des factures des batteries virtuelles
Vous souhaitez passer à la batterie virtuelle pour optimiser votre autoconsommation ? Les deux acteurs présents sur le marché français, MySmartBattery et Urban Solar, facturent différemment leurs clients. Cela est dû à la taille de la batterie (espace de stockage) proposé. Voici comment fonctionnent leurs contrats :
- La batterie virtuelle MySmartBattery de mylight150 possède un espace de stockage fixe. Les charges et décharges, qui sont normalement soumises à des taxes d’acheminement, sont forfaitisées. Ainsi, les frais liés au fonctionnement de la batterie sont fixes.
- La batterie virtuelle Urban Solar dispose d’un espace de stockage illimité. À consommation égale de kWh, le montant final de la facture peut varier, car l’opérateur facture les décharges. Vos paiements seront donc différents d’un mois à l’autre même si le compteur comptabilise la même consommation d’énergie.
